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Lentilles
de contact de couleur non correctrices
Position
de la Section d’Ophtalmologie de l’Union Européenne
des Médecins Spécialistes (UEMS)
adoptée à l’unanimité par
l’Assemblée Générale
qui s’est tenue à Prague le 6 juin
2009
Contrairement
aux lentilles de contact correctrices, les lentilles
de couleur non correctrices ne sont pas actuellement
classées dans la catégorie
des dispositifs médicaux et elles échappent
donc, de ce fait, aux normes de sécurité prévues à juste
titre par la directive 93/42/CEE pour les lentilles
correctrices.
Sur
un plan terminologique, l’UEMS considère
que les lentilles de couleur non correctrices entrent
tout à fait dans le cadre de la définition
d’un dispositif médical telle qu’elle
est donnée par l’article 1 de la directive
93/42/CEE : outre leur utilisation purement
esthétique, les lentilles de contact de
couleurs non correctrices sont également
utilisées en ophtalmologie à des
fins médicales prosthétiques pour
masquer une taie de la cornée. Elles sont également
utilisées à des fins thérapeutiques
pour réduire la photophobie dans des affections
telles que l’albinisme ou les anomalies congénitales
ou traumatiques de l’iris (1). Elles modifient
par ailleurs l’aspect anatomique de l’œil.
Toutes
les lentilles de contact sont appliquées
directement sur la surface oculaire et elles altèrent
de ce fait l’oxygénation et le métabolisme
de la cornée. Leur matériau doit
garantir une transmissibilité à l’oxygène
adéquate. (2). Les pigments utilisés
pour leur coloration doivent être dénués
de tout effet toxique sur la surface oculaire.
Elles doivent être conditionnées dans
un emballage parfaitement stérile afin d’éviter
toute transmission de germes. Leur fabrication
doit donc répondre à des normes de
qualité et de traçabilité très
strictes telles qu’elles sont garanties par
le marquage CE des produits de classe IIa.
Les
lentilles de contact constituent la première
cause d’infection de la cornée dans
les pays industrialisés (3). Les cas publiés
dans la littérature scientifique de ces
dernières années (4, 5, 6, 7, 8,
9, 10) prouvent que le risque d’infection
sévère de la cornée (kératite
infectieuse) lié au port de lentilles de
couleurs non correctrices n’est pas négligeable
et qu’il peut conduire à d’importantes
séquelles visuelles, pouvant nécessiter
une greffe de cornée. Dans la plupart de
ces cas, c’est l’absence totale d’informations
quant aux règles d’hygiène
et d’entretien des lentilles qui est à l’origine
de l’infection. En effet, la vente non régulée
de ces produits en grande surface et sur Internet
ne permet pas aux consommateurs, souvent adolescents,
de bénéficier des recommandations
d’hygiène et d’entretien habituellement
dispensées par un professionnel. Une étude
récente a d’ailleurs démontré que
l’achat de lentilles sur Internet constitue
un facteur de risque de complications (11).
Les
gouvernements des États-Unis d’Amérique
et du Japon ont pris conscience de ces problèmes
et ont répondu favorablement aux demandes
des organisations professionnelles de classer les
lentilles de couleur non correctrices parmi les
dispositifs médicaux et de renforcer le
contrôle de leur distribution. En tant que
représentante officielle des ophtalmologistes
de l’Union européenne et dans l’intérêt
de la santé publique, la Section d’Ophtalmologie
de l’UEMS demande à la Commission
européenne et au Parlement européen
d’adopter des mesures similaires en Europe.
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